Paru en début d’année mais assez vite en rupture de stock au vu de son succès, V-Commandos est à nouveau disponible sur les étals. Une excellente occasion pour nous de ramper dans les buissons avec un couteau entre les dents et de vous en parler.

La lune brille timidement et vous observez avec vos jumelles ce bunker qui, à lui seul, pourrait faire capoter le débarquement prévu dans quelques mois. Sous la fine pluie de cette fin d’automne 1943, vous et votre commando avez été parachutés à proximité de l’objectif avec une seule mission, faire définitivement taire cette batterie côtière. Déjà, vous rampez dans les dunes avec une charge de TNT à portée de main sans quitter des yeux les deux soldats allemands qui bavassent en fumant une cigarette au clair de lune.

Voilà le décor planté, V-Commandos vous transporte en plein cœur de la seconde guerre mondiale où vous incarnez un commando d’élite spécialisé dans les missions périlleuses. Sabotages, missions de sauvetage, infiltration, le destin de l’Europe est entre vos mains.

Alarm ! Alarm ! Franzosen !

Entrons un peu dans les détails du jeu. Déjà, V-Commandos est un jeu coopératif dans lequel les joueurs partagent un même but, réussir la mission qui leur est confiée. Pas question donc d’égorger sournoisement votre voisin au détour d’un sous-bois car il vous a tapé votre dernière clope. On a tous le même but, libérer l’Europe du joug d’Hitler. Esprit de camaraderie quand tu nous tiens. Pour le choix de la mission, les joueurs peuvent décider de jouer une partie rapide sur un terrain ou de mener une opération complète (laquelle regroupe 2 à 5 terrains différents). Plus longue, une opération est aussi bien plus immersive car le scénario y est plus développé et les joueurs pourront même se déplacer d’un terrain à l’autre pour valider leurs objectifs et ainsi débloquer de nouveaux lieux et de nouveaux ordres de missions.

Une fois votre choix arrêté, on passe à la mise en place. Ici, pas de plateau de jeu unique. Chaque carte terrain impose de sélectionner des tuiles de taille variable et de constituer vous-même le théâtre de l’opération. En plus de pouvoir sélectionner les tuiles de votre choix (la seule contrainte étant le respect de la taille et de l’aspect intérieur/extérieur), cela permet de ne jamais rejouer dans un même décor.

Au niveau de la mécanique, les joueurs progressent dans le jeu en dépensant des points d’action. Les possibilités sont assez variées et les joueurs pourront au choix se déplacer furtivement (ou moins furtivement), tirer, ramasser des objets, enfiler un uniforme ennemi, ouvrir une porte, soigner un coéquipier, etc. Ces nombreux choix, additionnés aux capacités spéciales de chaque commando, obligent les joueurs autour de la table à débattre des actions à entreprendre et à se creuser la tête pour parvenir à leurs fins. Une action trop hâtive ou mal concertée et il y a de grandes chances pour que Günther, dit l’étripeur de la Basse-Saxe, vous fasse goûter de son couteau.

Toute la subtilité du jeu repose sur la furtivité. Qui s’amuserait en effet à montrer sa trogne en plein territoire ennemi. Seulement voilà, un déplacement en terrain découvert, un tir sur un ennemi menaçant ou une charge de TNT qui explose et voilà l’alarme qui se déclenche, ameutant par camions entiers des ennemis en renfort. Bienvenue en enfer !

Un Zombicide mais sans zombies et avec des nazis… Un Nazicide, quoi !

Après on dit ça mais sachez qu’il n’y a aucune référence explicite aux nazis. Pas de croix gammée ni de tête de mort sur les képis. Le contexte historique est certes bien respecté mais on combat plutôt des soldats de la Wehrmacht que des hordes de nazis. On est donc assez loin de l’esprit d’Inglorious Bastards et de son moulinage systématique de SS. Pour le côté réaliste et immersif, on ne s’en plaindra pas.

Question matériel, les équipes de Triton Noir ont fait les choses bien. La diversité et la qualité sont au rendez-vous. Certains grincheux souligneront que des figurines auraient encore rehaussé le côté esthétique mais cela aurait aussi et surtout rehaussé le prix du jeu. Le système de jetons pour les personnages n’enlève absolument rien à l’ambiance immersive. Par ailleurs, pour ce qui concerne la rejouabilité, notons que Triton Noir a déjà sorti deux extensions (intitulées « Secret Weapons » et « Résistances) qui renferment de nouveaux scénarios, de nouveaux membres pour votre commando, de nouvelles tuiles de jeu, de nouveaux événements, de nouveaux ennemis et de nouvelles armes. On espère avoir l’occasion de vous en parler très bientôt.

En résumé, V-Commandos est un jeu intelligent et immersif qui laisse une place conséquente à la discussion entre les joueurs et à la subtilité. Il est beaucoup plus question de choix judicieux que de hasard et si chacun se prend au jeu, gageons que vous réussirez des missions d’anthologie !

Prix: EUR 59,89

 

V-Commandos, un jeu édité par Triton Noir

Nombre de joueurs : de 1 à 4

Durée moyenne d’une partie : entre 30 minutes à 2 heures

Âge : A partir de 14 ans

 

 

 

V-Commandos, les sanglots longs des violons de l’automne… Aux armes !
Avec V-Commandos, plongez au cœur de la seconde guerre mondiale pour des missions périlleuses d’observation, de sabotage, d’exfiltration et bien d’autres. Un jeu collaboratif, intelligent et immersif ! On en redemande (du jeu hein, pas de la guerre).
Immersion9
Qualité du matériel8.5
Réjouabilité7.5
Mécanique9
8.5Note Finale
Note des lecteurs: (0 Votes)
0.0