Faire un câlin. Facile. Hannibal Lecter. Bon… déjà un peu moins. Mais Hannibal Lecter qui fait un câlin ?
Bienvenue dans Mim’Actions, le jeu où l’on découvre assez rapidement les limites de son expression corporelle… et où regarder les autres essayer est souvent encore plus drôle que de jouer soi-même. Sur le papier, le principe paraît pourtant très classique : faire deviner des mots en les mimant. Sauf que Mim’Actions a eu la bonne idée d’ajouter quelques petites subtilités qui transforment rapidement la partie en grand n’importe quoi.
Un mime… mais pas toujours celui qu’on imaginait
À son tour, le joueur fait tourner la roulette. Celle-ci détermine notamment le type de carte à utiliser, la catégorie à mimer et le nombre de cases que l’on pourra avancer. Il existe d’abord des cartes simples, qui proposent cinq catégories. Jusque-là, tout va bien. Enfin, mimer un « billet de cinéma », ce n’est déjà pas forcément gagné. Mais Mim’Actions devient beaucoup plus intéressant avec les cartes doubles. On pioche alors un sujet et une action, et il faut combiner les deux. Exemple parmi les cartes que nous avons eues : Hannibal Lecter + faire un câlin. Ou encore : Joker (Batman) + s’évanouir. Princesse Leia + danser la lambada. Et là, soudainement, on ne joue plus tout à fait au même jeu.
Parce qu’il ne suffit plus de savoir mimer quelque chose : il faut réussir à construire une petite scène suffisamment claire pour que les autres comprennent à la fois QUI on est et CE QU’ON EST EN TRAIN DE FAIRE. Et parfois, c’est franchement difficile.
Fou rire et difficulté intense
C’est probablement ce que j’ai préféré dans Mim’Actions : le jeu peut être réellement compliqué. On connaît tous ces jeux de mime où l’on doit faire deviner « se brosser les dents », « nager » ou « jouer au football ». Quelques gestes et c’est terminé. Ici, certaines associations demandent presque d’être un professionnel de l’expression corporelle. Comment faire comprendre Hannibal Lecter sans prononcer son nom ? Comment faire reconnaître le Joker ? Et une fois que les autres ont compris le personnage, encore faut-il leur faire saisir l’action… Alors on tente. On exagère. On recommence. On décompose le mouvement. On regarde désespérément les autres. Eux proposent absolument n’importe quoi. Et généralement, plus le mime échoue, plus tout le monde rigole.



Des cases qui viennent encore compliquer les choses
Le plateau ajoute heureusement quelques surprises. Certaines cases imposent par exemple de mimer en équilibre avec un livre sur la tête, de réaliser son mime au ralenti, de miauler comme un chat en mimant, ou encore d’attraper un autre joueur pour effectuer son mime en l’enlaçant. Parce qu’apparemment, faire comprendre quelque chose uniquement avec son corps n’était pas encore suffisamment compliqué.
On peut également récupérer des jetons « Plus » qui offrent différents avantages : avancer de deux cases, avoir exceptionnellement le droit d’émettre des sons ou choisir ce que l’on souhaite mimer.
Le jeu propose enfin une variante par équipes, particulièrement adaptée lorsqu’on joue nombreux.
Un jeu qui prend tout son sens avec des amateurs de théâtre ou d’impro
Forcément, en pratiquant le théâtre et l’improvisation, j’y ai vu autre chose qu’un simple jeu d’ambiance. Mim’Actions oblige à se demander : Comment rendre une intention lisible sans parole ? Il faut utiliser le regard, la posture, l’espace, amplifier certains gestes, décomposer une action, caractériser physiquement un personnage… Bref, faire parler son corps. Je le verrais donc très bien sortir lors d’un atelier théâtre ou d’un cours d’impro, quitte à abandonner complètement le plateau et à utiliser uniquement les cartes comme déclencheurs d’exercices. Certaines associations sujet/action constituent déjà de très bonnes petites contraintes d’improvisation corporelle.
Mais évidemment, nul besoin de monter sur scène pour en profiter.
À la maison, le plaisir vient justement aussi de voir quelqu’un qui n’a absolument aucune notion de mime tenter désespérément de faire comprendre « Princesse Leia qui s’évanouit » à une famille qui part dans toutes les directions.
Mon avis
Mim’Actions ne révolutionne pas le jeu de mime, mais il exploite très intelligemment ce qui en fait tout le sel : notre capacité, ou notre incapacité totale, à nous faire comprendre avec notre corps. Les cartes doubles sont clairement ce qui donne au jeu sa personnalité. Les associations entre personnages et actions peuvent être redoutables et provoquent des situations complètement absurdes. Il faut accepter de se lever, de gesticuler, de se ridiculiser un peu et surtout de jouer vraiment le jeu. Avec des personnes trop timides ou qui se contentent de trois petits gestes du bout des bras, l’expérience risque forcément d’être moins amusante.
En revanche, avec un groupe qui ose se lancer, les fous rires arrivent très vite.
Et pour les amateurs de théâtre ou d’impro, il y a même un petit défi supplémentaire : puisque vous êtes censés savoir utiliser votre corps… vous n’avez absolument aucune excuse lorsque personne ne comprend votre mime.




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