On connait tous l’histoire de Noé, cet illustre barbu qui s’est mis en tête de construire une arche après avoir entendu la parole de Dieu. Rien de bien appétissant au niveau cinématographique, mais lorsque l’on apprend que c’est Darren Aronofsky qui se colle à la réalisation d’un tel projet tout de suite ça donne envie. Malheureusement, ça ne suffira pas à éviter à Noé le naufrage.

Darren adapte Aronofsky. En effet, le génial réalisateur de Black Swan met en scène le comic-book dont-il est le co-auteur avec Ari Handel, sorti en France sous le titre Noé, pour la cruauté des hommes. Le projet donne l’eau à la bouche car il ne s’agit pas simplement de réaliser un film sur le Noé de la bible mais de faire une version plus fantastique avec une vision apocalyptique. On pourra ainsi croiser dans le film des golems de pierre, des anges déchus transformés en roc. Sur le papier tout cela donne envie, mais à l’écran c’est un raté total.

Commençons par les acteurs et par Russel Crowe tout d’abord. Peut être est-ce dû au fait de le voir beaucoup dans des films fantastiques et historiques dernièrement mais je commence à faire une overdose de cet acteur. Toujours ce même jeu d’acteur qui donne l’impression de toujours voir le même personnage, à tel point que l’on peut se demander si monsieur Crowe n’aurait dans sa palette de jeu d’acteur qu’une seule expression: la colère. On retrouve aussi dans le film Emma Watson. L’actrice a beau essayer de se décoller de son personnage d’Harry Potter, impossible pourtant d’oublier Hermione Granger quand on voit son jeu de sourcil désagréable au plus haut point. Je ne m’arrêterai pas sur le personnage d’Anthony Hopkins qui dans une scène ridiculement drôle va cueillir des baies alors que le déluge approche. Et passons aussi sur le reste du casting dont il n’y a rien à dire, personne ne sort du lot. Bref, niveau acteurs c’est pas ça.

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Allons donc voir du côté du scénario. Si dans sa première partie le film tient plutôt bien la route en posant les bases de l’histoire de Noé tout en faisant un parallèle avec la création du monde, c’est dans sa seconde partie que le film pagaie lorsque l’arche se retrouve sur l’eau. Si l’intrigue portée sur le personnage de Noé, sur ses valeurs, sa façon de penser (ou plutôt sa façon de penser comme son Dieu lui a dit de penser) ou encore ses contradictions, sont bien mises en avant, à aucun moment on ne rentre vraiment dans l’histoire. Cela est sûrement dû au fait qu’il pourrait arriver n’importe quoi aux personnages que cela ne nous ferait même pas lever un seul sourcil de surprise. Les sous-intrigues ne sont pas passionnantes pour un sous, notamment celle sur les fils de Noé et leur quête pour devenir adulte. Le tout manque clairement d’émotion et d’intensité.  Le mélange entre religion et fantastique est aussi un énorme ratage, plombé par un discours final religieux niais à souhait.

Bon si les casting n’est pas top et si l’histoire ne l’est pas non plus, peut être peut-on au moins trouver quelque chose de bien dans la réalisation. Et bien oui mais non. Alors oui on voit bien que ce n’est pas n’importe qui derrière la caméra et que le film n’est pas filmé comme tous les autres vulgaires blockbusters mais finalement rien ne ressort de la mise en scène. Mais où est donc passer le réalisateur de Black Swan ? Celui qui avait un véritable point de vue sur ses personnages, qui en un seul plan pouvait changer le sens complet du film. De ce réalisateur il ne reste plus rien mis à part quelques éclairs de fulgurance par ci par là.

Enfin, le film manque surtout d’action. Alors oui dans la bible il n’y a point de scènes de batailles, mais lorsqu’on nous promet une version plus fantastique on est en droit d’attendre un peu de castagne. Il n’en est rien. Pendant deux heures vingt minutes on enchaîne des dialogues philosophiques interminables sur les attentes de Dieu, sur le pêché des hommes. C’est long mon Dieu que c’est long, tellement long qu’on en arrive presque à prier pour que tout le monde meurt pour pouvoir enfin en finir avec ce film catastrophique.