Premier jeu développé par le studio BrassToken, comprenant des développeurs chevronnés ayant travaillés chez Rockstar Games, EA et The Coalition, The Chant nous propose un jeu d’aventure/action horrifique se déroulant sur une île sur laquelle se déroulent d’étranges rituels mystiques.

Le jeu tient-il la comparaison avec des licences fortes telle que Silent Hill, Resident Evil, Dead Space et plus récemment les jeux de chez SuperMassive games (The Dark Pictures, The Quarry, Until Dawn), c’est ce que nous allons voir ensemble dans ce test.

Jess, soyons Jess

Retour arrière en 1972, un sombre rituel se déroule sur l’Ile de la gloire, jusqu’à ce qu’il soit interrompu par une des adeptes qui décident de briser le cercle… Des années plus tard, vous incarnez Jess, une jeune femme traumatisée par le décès de sa sœur, invitée par son amie Kim pour la rejoindre sur l’île, pour une retraite spirituelle.

Vous rencontrerez une communauté qui prône le bien être et l’acceptation des difficultés de la vie, et pour lesquels la plupart des membres ont vécus une expérience traumatisante dans leur passé et viennent se ressourcer physiquement et mentalement. Bien entendu, cela ressemble fortement à une secte, nous ne tardons d’ailleurs pas à rencontrer Tyler responsable du groupe, qui a tout d’un « gourou ».

Le jeu commence véritablement lorsque le soir réunit, la communauté démarre un rituel purificateur, à base de prismes et de thé aux champignons (hallucinogène ?) qui ne se déroulera pas comme prévu. Une fois encore, l’histoire se répète, et Kim brise le cercle en pleine cérémonie, relâchant une flopée d’ennemis sur l’île.

Jess devra donc faire de son mieux pour aider les membres de la communauté au fil de l’histoire, n’ayant souvent pas d’autre choix que de les combattre, pour tenter de résoudre les mystères de l’île et de ses prismes aux pouvoirs psychiques. Comme infectés par les spores de plantes agressives, de nombreux ennemis, parfois humanoïdes, seront sur votre route et feront tout pour empêcher votre progression. Vous découvrirez également au fur et à mesure de l’aventure, de nombreux documents et vidéos vous expliquant les événements étranges de l’île et ce qu’il s’était passé en 1972.

A plusieurs reprises dans le jeu, au cours des dialogues, vous aurez la possibilité de choisir vos réponses dans un temps limité (un choix par défaut se validera tout seul lorsque le temps de réponse sera écoulé). Le jeu étant annoncé avec 3 fins différentes, il est possible que ces choix influent sur la fin, même si je doute de l’influence réelle que peuvent avoir ces séquences dans le scénario.

Action/aventure horrifique ou survival horror ?

La barrière entre les deux jeux est parfois fine, d’autant que certains séries surfent souvent dans les catégories, il suffit de voir les Resident Evil pour comprendre que certains jeux ont privilégiés bien plus l’action que la survie. De prime abord, The Chant pourrait faire croire à un survival au vu de la difficulté relativement élevée des combats en difficulté moyenne.

Passé le menu fretin, on arrive bien vite contre des ennemis qui semblent bien trop difficile à éliminer, notre héroïne possédant l’équivalent de deux jauges de « vie », qui sonneront le glas lorsque l’une ou l’autre des deux atteint zéro. Au delà des attaques « physiques », qui feront forcément baisser votre vie, les ennemis perturberont également votre santé mentale, et vous pourrez céder à la folie si vous n’y faites pas attention.

Bien entendu, vous aurez la possibilité de recharger l’une et l’autre grâce a des herbes ramassées ci et la, et vous pourrez même méditer dans des zones calmes pour recharger votre santé mentale, en utilisant une 3iéme jauge qui concernera cette fois ci l’équivalent de votre force psychique. Néanmoins, cette jauge pourra également être utilisée pour lancer des attaques psychiques plus tard dans l’aventure, donc il faudra en permanence jongler avec les 3 attributs pour vous permettre de survivre.

Lors des combats, vous devrez aussi régulièrement anticiper les attaques de vos adversaires en les esquivant, car il n’en faudra pas beaucoup pour vous mettre KO. Évidement, chacun à sa propre technique et timing, donc prenez le temps de bien les observer avant de vous jeter tête baissé dans la bataille.

Passé les premiers combats et deux premières heures de jeu, on revient sur du jeu d’action, car le jeu est moins avare en armes et pouvoirs. Il ne sera pas rare de devoir vous battre contre plusieurs ennemis à la fois, mais vous trouverez régulièrement sur votre route de quoi fabriquer de nombreuses armes qui auront une affinité particulière selon les ennemis, et selon la « zone » dans laquelle vous les utiliserez.

Je n’en ai pas encore parlé, mais l’île comprendra plusieurs lieux à explorer, toujours relié entre eux par la zone centrale par laquelle vous arrivez au début de l’aventure. Chacun des lieux sera accessible au fur et à mesure du déroulé de l’histoire, mais vous devrez en plus prendre en compte les prismes que vous porterez avec vous. Chacun d’entre eux ont une couleur bien précise, et vous permettront de franchir des sortes de « brouillard » de la même couleur. C’est ici que je vous reparle de ces fameuses « zones », qui sont en fait des perturbations psychiques engendrées par les fameuses plantes dont j’ai parlé plus tôt. Vous rencontrerez bien souvent des ennemis à l’intérieur, et vous devrez les traverser le plus rapidement possible, car celles-ci font baisser votre jauge mentale en permanence. Une énorme fleur se trouvera souvent dans cette zone, vous barrant la route pour progresser, l’éliminer permettra de dissiper les perturbations et d’ouvrir le chemin. Prenez donc soin de lire les documents relatifs au bestiaire, car il vous indiquera à chaque fois quels sont les armes à privilégier, et si elles sont plus efficaces dans ces « zones ».

En sus de la trainée d’ennemis que vous laisserez derrière votre passage, le jeu aura également quelques énigmes simples à résoudre pour progresser. Trouver des symboles métalliques qui une fois rassemblés formeront une clé spéciale, des faisceaux de lumières à rediriger pour progresser dans un niveau, des objets à trouver pour remettre en marche une éolienne, ou réaliser un désherbant efficace pour nettoyer un passage inaccessible autrement. On retrouve ici pas mal de similitudes encore une fois avec les séries de Survival que l’on connait bien.

Enfin, une petite touche de RPG sous forme d’un arbre de compétence vous sera proposé, vous permettant de renforcer vos compétences et différentes jauges, en ramassant des objets d’améliorations disséminés un peu partout dans les différents zones du jeux, il va falloir fouiller un peu !

L’horreur, partout !

Je n’ai pas connaissance du budget de développement pour The Chant, mais il est clair que l’on est pas dans la catégorie AAA. De part son petit prix (39.99€ en boite) mais aussi par ses qualités et défauts techniques, il faudra tempérer vos attentes en manière de jeu « next-gen ». Disponible sur les derniers consoles de salon, le jeu est parfaitement fluide, ce qui est déjà une bonne nouvelle, mais est graphiquement inégal. Les personnages sont à la fois plutôt très correct avec une animation naturelle, mais tous ne sont pas à la même enseigne. Idem pour les ennemis, qui sont certes, horribles, mais rarement horriblement beau techniquement parlant et il en va de même pour l’ensemble du jeu. Je suis convaincu que ce jeu aurait pu sortir sur les précédentes générations, sans grande difficulté.

Le jeu est parfois joli

…Parfois moins

Les doublages (en Français !) sont eux correctes, avec des voix que l’on reconnait pour les avoir entendus dans des séries TV récentes. Les musiques et bruitages sont également dans la norme, même si certaines partitions musicales sont parfois étrange (j’ai le souvenir d’une aux sonorités qui semblait ne pas correspondre à la séquence que l’on lui avait attribué – un combat de boss en l’occurrence).

La réponse est dans le titre ?

En conclusion, j’ai passé un agréable moment sur The Chant, en prenant compte la catégorie dans laquelle il boxe. Jamais à la hauteur des meilleurs du genre, il se défend néanmoins avec une histoire solide et documentée, un gameplay typé action qui tient la route, mais avec parfois des moments d’errances un peu longuet, des énigmes un petit peu trop simpliste, et des graphismes pas toujours convaincant dans certains passages. Les développeurs ont néanmoins indiqué des améliorations sur certains points lors du patch Day One, ce qui sera forcément un plus.

Je cherche encore à comprendre son titre, The Chant (Le Chant en français dans le texte), car même s’il est montré et cité a plusieurs endroits dans le jeu, il n’a presque aucun intérêt pour l’histoire de se nommer ainsi. « The Prisms » aurait limite pu mieux convenir.

Je ne saurais donc le recommander pour les fans du genre qui s’attendraient à un jeu de haut niveau, surtout avec des annonces récentes comme celle des Silent Hill et Resident evil ces dernières semaines. Mais au regard de son tarif, il pourra vous occuper une bonne dizaine d’heure sans problème en attendant la sortie des AAA.

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