Mary Anning ? Inconnue au bataillon. Avant d’ouvrir cette bande dessinée, son nom ne m’évoquait absolument rien. La couverture ne m’avait pas spécialement emballé non plus, avec un style graphique assez particulier qui n’est pas forcément celui vers lequel je serais allé spontanément. En revanche, dès que l’on me parle de dinosaures, de fossiles et de créatures disparues vieilles de plusieurs millions d’années, ma curiosité revient très vite. Il ne restait donc plus qu’à creuser. Littéralement.
L’histoire nous ramène au début du XIXe siècle, sur les falaises de Lyme Regis, dans le sud de l’Angleterre. Mary Anning y cherche des fossiles depuis son enfance, d’abord pour les vendre et permettre à sa famille de survivre. Elle va pourtant finir par découvrir des squelettes gigantesques, notamment ceux d’un ichtyosaure et d’un plésiosaure. Des créatures marines qui, techniquement, ne sont d’ailleurs pas des dinosaures – voilà, vous pourrez vous aussi briller lors de votre prochain repas de famille.
Une vie assez incroyable… et franchement injuste
Ce qui rend le parcours de Mary Anning passionnant, ce n’est pas seulement la taille des bestioles qu’elle sort de la roche. Autodidacte, issue d’un milieu modeste et femme dans une communauté scientifique entièrement dominée par les hommes, elle cumule à peu près tous les handicaps possibles pour être prise au sérieux.
Elle connaît pourtant les fossiles mieux que beaucoup de savants de son époque. Ses découvertes participent même à bouleverser la manière dont on envisage alors l’histoire de la Terre, à une période où l’idée de l’extinction des espèces est encore loin d’être évidente. Malgré cela, ses travaux sont régulièrement étudiés, présentés ou publiés par des hommes qui récoltent une bonne partie des honneurs à sa place. Forcément, ça agace. Et ça fonctionne : derrière l’aventure scientifique, la BD raconte surtout le combat d’une femme brillante qui refuse de rester à la place qu’on lui a assignée.



Un dessin auquel j’ai fini par m’habituer
Je reste un peu partagé sur le style visuel de Julie Bouvot. Les visages et certaines attitudes ne m’ont pas immédiatement convaincu. Ce n’est pas désagréable, mais il m’a fallu quelques pages pour vraiment entrer dedans.
En revanche, dès que le livre nous emmène sur les falaises, sous la pluie ou au milieu des fossiles, le dessin prend une autre dimension. Les couleurs installent parfaitement cette Angleterre froide et humide, tandis que les immenses squelettes enfouis dans la pierre donnent lieu à quelques très belles compositions. Le trait conserve aussi une certaine simplicité qui évite de transformer les 144 pages en cours magistral de paléontologie.
Au final, Mary Anning – Sur les traces des dinosaures m’a surtout permis de découvrir une femme dont le nom aurait largement mérité de nous parvenir aussi facilement que celui des scientifiques ayant profité de ses découvertes. Je n’étais pas franchement emballé au premier regard, mais l’histoire a rapidement pris le dessus. Une BD accessible, instructive sans être pénible et portée par un personnage bien plus fascinant que je ne l’imaginais.
Merci aux éditions Steinkis pour l’envoi du livre !























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