Il y a des classiques qu’on connaît presque sans les avoir vus. La Prisonnière du désert faisait partie de ceux-là pour moi : John Ford, John Wayne, Monument Valley… Je voyais très bien l’affiche, beaucoup moins le film. Cette édition Steelbook réunissant le 4K UHD et le Blu-ray était donc une bonne occasion de combler enfin ce trou dans ma culture ciné.
Bien plus qu’une chevauchée dans le désert
Sorti en 1956, le film suit Ethan Edwards, un ancien soldat qui part à la recherche de sa nièce Debbie, enlevée après l’attaque de sa famille. Martin Pawley, interprété par Jeffrey Hunter, l’accompagne pendant plusieurs années. Dit comme ça, on pourrait s’attendre à un western de sauvetage assez classique. Sauf qu’Ethan est un personnage autrement plus dérangeant que le héros droit dans ses bottes qu’on imagine en voyant John Wayne à l’affiche.
Sa haine des Comanches prend progressivement autant de place que son désir de retrouver Debbie. Et une question finit par s’imposer : que compte-t-il faire s’il la retrouve ? C’est là que le film devient plus intéressant, mais aussi plus inconfortable. Ford place au centre du récit un homme qu’on peut suivre sans avoir envie de lui donner raison. John Wayne, Jeffrey Hunter et Natalie Wood portent cette histoire, avec les paysages de Monument Valley en toile de fond. Difficile aussi d’ignorer ce qui a vieilli dans la représentation des peuples autochtones : le film mérite d’être regardé avec cette réserve en tête, sans que cela efface la force de sa mise en scène.
Un Steelbook qui prend aussi le temps de raconter le film
Le coffret contient deux disques : le film en 4K UHD et en Blu-ray, dans un Steelbook au visuel très western classique. La restauration a été réalisée à partir du négatif VistaVision original. C’est une belle manière de remettre en valeur un film dont les paysages et les cadrages comptent autant que les dialogues, sans avoir besoin de transformer ce western de 1956 en démonstration technique.
Les suppléments sont regroupés sur le Blu-ray, et il y a de quoi prolonger la découverte. Deux documentaires d’une demi-heure environ reviennent sur le film et sa fabrication, dont un consacré à la collaboration entre Ford et Wayne. On trouve aussi une introduction par Patrick Wayne, qui joue dans le film, des images d’époque tirées de Warner Bros. Presents, des bandes-annonces et un commentaire de Peter Bogdanovich. Pour quelqu’un qui arrive tard à ce monument du western, ce dernier accompagnement a de quoi être précieux : Bogdanovich connaissait particulièrement bien le cinéma de Ford.
La Prisonnière du désert a la réputation d’un film immense, mais ce qui me donne surtout envie de m’y plonger, c’est son personnage principal : bien plus trouble qu’une simple légende du Far West. Et avec deux disques et de vrais bonus pour remettre l’œuvre en contexte, cette édition a exactement ce qu’il faut pour une première découverte.


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