Test effectué à partir d’une clef fournie par l’éditeur. Le mode en ligne n’a pas été testé lors de la rédaction de cet article.
Cinq ans après sa sortie initiale, Guilty Gear -StrIVe- a poursuivi son petit bout de chemin en sortant ses Season Pass annuel et se permettant même un petit spin-off en anime. Cet épisode divise-t-il toujours autant la communauté ?
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C’est toujours drôle de voir ce qui était, à l’époque de sa sortie, un petit média fait par des gens passionnés dans leur coin avec trois bouts de ficelle avant de devenir une grosse franchise dépassant parfois les plus grandes dans leur domaine. On peut penser à Evil Dead pour les films d’horreur, les Tortues Ninjas pour les comics et, dans notre cas, Guilty Gear pour les jeux de combat. Si la franchise n’est pas encore arrivée à la cheville de grands noms comme Street Fighter, elle a su bénéficier d’une remontée de popularité depuis son grand retour sur la scène en 2014 avec Guilty Gear Xrd -SIGN-. Mais… c’est quoi Guilty Gear ?
À la base un petit jeu de combat sorti sur PS1 fait par une équipe de 12 personnes (mais en fait seulement 4 qui bossaient vraiment) y comprit son réalisateur/designer/compositeur/character designer/acteur-voix Daisuke Ishiwatari, Guilty Gear: The Missing Link a eu droit à un succès modeste à une époque où des vétérans comme Street Fighter commençaient à prendre leur retraite et des nouveaux-venus comme SoulCalibur pointaient le bout de leur nez. Deux ans plus tard, la même équipe a fait Guilty Gear X, sortit cette fois sur les bornes d’arcade NAOMI et la Dreamcast et c’est ici que la légende a vraiment commencée. Avec sa direction artistique largement inspirée du manga BASTARD!! de Kazushi Hagiwara, sa bande-son heavy metal, ses sprites qu’on jurerait sortis tout droit d’un anime et son gameplay inspirés des films d’art-martiaux hong-kongais (The Storm Riders d’Andrew Lau pour être précis) où les personnages voltigent dans tous les sens, Guilty Gear s’est rapidement fait un nom parmi les aficionados de jeux de combat.
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Guilty Gear X2 #Reload sur PlayStation 2.
Si la franchise avait commencée à tourner en rond dès la saga Guilty Gear X2 et avec quelques spin-offs de qualité douteuse, c’est Guilty Gear Xrd – SIGN – qui lui a rendu ses lettres de noblesse. Parvenant à franchir un nouveau cap graphique grâce à l’Unreal Engine 3, le jeu, suivi de deux MàJ (Revelator et REV 2) a permis à un nouveau publique de découvrir l’univers de GG, permettant à ce dernier de croître en popularité. Et après 5 ans de bons et loyaux services, la trilogie Xrd a tirée sa révérence pour préparer le terrain à son petit frère, Guilty Gear – StrIVe –, annoncé lors du tournoi EVO 2019. Arc System Works réussit (presque) sa transition vers le Unreal Engine 4, permettant aux artistes 3D d’aller toujours plus loin avec les modèles des personnages.
Sorti en 2021, le jeu n’a toutefois pas fait l’unanimité parmi les fans. Si les problèmes historiques avec les modes en ligne ont enfin été rectifiés, beaucoup ont notamment reproché au jeu d’avoir été trop simplifié pour pouvoir attirer un nouveau public. Cinq ans plus tard, avec une nouvelle version 2.0, il est temps de voir si ce nouvel opus divise toujours autant.
Commençons par rendre à César ce qui appartient à César. Le jeu est très beau. Arc System Works a réussi à se surpasser en termes de visuels et d’animation, même si, contrairement à Guilty Gear Xrd, la différence entre modèles «de jeu» et modèles «de cinématiques» est plus notable. Le jeu représentant un nouveau départ pour la série, Arc System Works a délaissé BASTARD!! comme inspiration visuelle pour proposer des designs plus urbains, tant dans ses décors que ses personnages. La transition est généralement réussie pour les personnages mais on regrettera qu’une grande partie des environnements soient aussi terne. L’interface du jeu, en revanche, est une blague de mauvais goût. Si toutes les informations importantes sont présentes, l’interface paraît incroyablement plate, bien loin de la stylisation des jeux précédents. Mais ce choix est, quelque part, assez représentatif de la nouvelle direction prise par ce nouveau Guilty Gear.
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Dommage que les combats se plient en une vingtaine de secondes.
Comme je l’ai mentionné plus haut, le gameplay de ce GG – StrIVe – a été grandement simplifié par rapport à ses opus précédents. Si le système de mobilité est en soi quasi-identique aux jeux précédents (double sauts, dash avant et arrière sur terre et dans les airs inclus) c’est clairement dans la façon dont les personnages se battent que ça a vraiment changé. Le système de «Gatling Combo» où les joueurs étaient libre de créer leurs propres combos sans être limité par un rapport de force prédéterminé est ici plus similaire aux «Target Combos» présents dans les jeux Street Fighter III et IV (des petites chaînes de combos de 2-3 coups donc). Le jeu encourage ainsi à utiliser un nouveau système de «Roman Cancel» où vous interrompez vos actions pour transitionner entre les mini-combos, prenant cette fois la moitié de votre jauge de Tension au lieu de son intégralité comme les jeux précédents. Annuler les combos devient finalement plus pratique que de faire des attaques Overdrive (l’équivalent des super combos dans Guilty Gear) puisque qu’une des nouveautés du jeu et de pouvoir faire voltiger son adversaire à travers des «murs» et de combattre sur un nouveau terrain, comme dans Dead or Alive, ce qui permet aussi de leur faire perdre un peu plus de vie.
Les jeux de combats d’Arc System Works ne sont pas réputés pour changer leur façon de jouer à quasiment chaque opus comme Street Fighter et avec une formule installée depuis plus de 20 ans, il n’est donc pas étonnant de voir que beaucoup de joueurs ont été aliénés par cette nouvelle tournure. Les Instant Kill, une des marques de fabrique de la série depuis le tout début ne sont pas non-plus présents.
Le jeu est particulièrement timide en nouveaux venus, la plupart d’entre eux étant relégués au rang de personnages DLC. Il y a Giovanna, un agent des forces spéciales qui se bat aux côtés de son loup, Nagoriyuki, un vampire samurai rendant clairement hommage au mythique Yasuke ou encore Unika, un véritable Ouroboros de marketing qui mériterait à elle seule un article. Il y a aussi la présence notable de Lucy de l’anime Cyberpunk: Edgerunners et malgré les efforts de l’équipe à la rendre aussi fidèle que possible à sa série d’origine, elle n’a malheureusement pas sa place dans l’univers de science-fantasy de Guilty Gear. Encore un énième choix douteux de personnage invité dans un jeu de combat.
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Pour comprendre ce personnage, il faut avoir regardé l’anime.
On peut d’ailleurs parler des modes de jeu qui sont d’une incroyable pauvreté. Nous avons bien sûr les sempiternels modes Arcade, Versus et Survie (tous disponible dès le lancement du jeu, dieu merci) ainsi qu’un mode Entraînement et… c’est tout. Le premier Guilty Gear X2 sur PS2 avait plus de modes et c’était en 2002. Arc System Works a vraiment privilégié le jeu en ligne mais se heurte une fois de plus à l’habituel problème de tout jeu multijoueurs: Sans lobby, on s’ennuie et dépendant de l’endroit où vous vivez, les salles peuvent être vides de joueurs.
Jeu de combat moderne oblige, GG-StrIVe- a un mode histoire cinématique qui conclue la saga (du moins pour l’instant). Si la franchise n’est pas étrangère aux modes histoire, il faut dire que leur mise-en-scène depuis le triptyque Guilty Gear Xrd a considérablement souffert, la faute entre autres à une animation tellement rigide qu’on croirait que les personnages ont été remplacés par des animatroniques et d’une intrigue qui prend trop longtemps à se déclencher, le jeu préférant se perdre en péripéties. Les mêmes défauts sont présent dans GG -StrIVe- mais avec en plus un filtre grisâtre qui ferait presque envier Zack Snyder, ne rendant pas hommage aux modèles 3D habituellement colorés. Contrairement aux modes histoire de Mortal Kombat où l’on suit à tour de rôle les exploits d’un personnage en particulier, entrecoupés de combats, il n’en est rien ici. Il s’agit juste d’une petite série à mater dans son coin. On pose la manette, on prend un paquet de chips et on fait ce que l’on peut pour se distraire. On notera aussi l’absence de récapitulatifs des jeux précédents, ce qui rendra le visionnage beaucoup plus laborieux pour un néophyte de l’univers de Guilty Gear.
![Capture-decran-190-1024x576 [Test PC] Guilty Gear - StrIVe 2.0](https://i0.wp.com/www.conso-mag.com/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-190.png?resize=1024%2C576&ssl=1)
Un mode histoire aussi excitant que l’entrain des personnages sur cette capture d’écran.
Côté musique, on a aussi droit à une nouvelle tournure. Tous les thème musicaux des personnages sont chantés. Ce choix a là aussi beaucoup divisé d’autant que, comme pour Guilty Gear Xrd, c’est Norichika Sato qui arrange la musique et comme souvent avec lui, il est bien loin du peps de ses prédécesseurs. Et pour ceux qui ne seraient pas fan des parties chantées, pas de bol: il n’y a pas de version instrumentale. Comment est-ce que Sonic R sur Saturn en 1997 permettait aux joueurs de choisir entre pistes vocales et instrumentales et pas un jeu de combat sorti en 2021 avec moult mise-à-jours ? Allez savoir. Il y a toujours la possibilité de jouer les musiques des jeux précédents mais pour ça, il va falloir aller à la pêche. Littéralement. Et vous ne pouvez même pas choisir ce que vous allez ramener. Vous pouvez perdre tout vos World Dollars sans avoir ce que vous voulez et comme pour Street Fighter V, la meilleure façon d’obtenir de l’argent est de jouer en boucle au mode Survie. Et comme SFV, ça devient rapidement barbant.
Il est impossible de parler de StrIVe sans parler d’un problème de poids: son modèle économique. Depuis que les développeurs ont découvert la magie des microtransactions il y a 20 ans, ils ne peuvent plus s’en passer et trouvent tous les moyens possibles pour nous faire passer plus d’une fois à la caisse. Ce qui était à la base pensé pour sortir du contenu supplémentaire à petit prix sans que les développeurs aient à travailler sur de grosse extensions a évolué en véritable fléau, comme le montre bien les jeux mobiles ou jeux en ligne avec leurs modèles de lootboxes. ASW a donc choisi de prendre exemple sur Street Fighter V est d’intégrer un Battle Pass, renommé «Blazing Pass», vous forçant à faire des challenges quotidiens pour débloquer une récompense toute nulle. Rajoutez les Season Pass qui coûtent deux fois plus cher que le jeu de base et cela peut suffire à mettre le frein à la curiosité de certains joueurs.
Bilan mi-figue mi-raison pour cette version 2.0 de Guilty Gear -StrIVe- donc. Si ses qualités graphiques sont indéniables, on regrettera qu’Arc System Works se soit décidé à ruiner son jeu en suivant les pires trends des jeux de combats de ces 15 dernières années. Il reste un jeu de combat sympathique, n’en déplaise aux vétérans des Guilty Gear X2 et consorts. Reste à savoir si vous pouvez vous permettre de dépenser 90€ dans un jeu de combat qui n’est pas forcément fini.
Guilty Gear – StrIVe – est disponible sur consoles PlayStation, Xbox Series et Steam. Guilty Gear – StrIVe – Nintendo Switch Edition est disponible sur Nintendo Switch et compatible avec la Nintendo Switch 2.
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