Il y a des boîtes qui attirent l’œil sans qu’on sache encore ce qu’elles contiennent. Celle de Melodies m’a immédiatement fait penser à un visuel de clip de Gorillaz. Les personnages, les couleurs, ce petit côté groupe de musique sorti d’un dessin animé… Mon cerveau avait déjà lancé la bande-son. Le jeu est pourtant illustré par Vico Santos, et ne se présente pas comme une collaboration avec le groupe. Simple association d’idées, donc, mais plutôt flatteuse.
Derrière cette bonne bouille, Next Move propose un jeu de cartes coopératif signé Thomas Dagenais-Lespérance. L’idée : former un groupe et l’accompagner de ses premières répétitions jusqu’à des scènes autrement plus impressionnantes. Pas besoin de savoir chanter, heureusement pour les voisins.
Des cartes en main, mais pas carte blanche
Concrètement, chaque chanson impose une progression à respecter. Les joueurs posent des cartes et la valeur la plus représentée détermine la note collective. Il faut donc construire le morceau ensemble, tout en réussissant à vider les mains de chacun. Jusque-là, on pourrait imaginer passer dix minutes à débattre du meilleur coup. Sauf que Melodies coupe assez vite le micro : impossible de révéler ses cartes ou d’annoncer précisément ses intentions.

Autre petite contrariété bien trouvée : on ne réorganise pas librement sa main. Les cartes utilisées ensemble doivent être voisines, ce qui transforme une poignée de chiffres en véritable casse-tête. Une suite intéressante peut ainsi se retrouver coincée derrière une carte franchement encombrante. Merci pour le cadeau.
C’est cette association qui me plaît dans le principe : devoir gérer son propre bazar tout en essayant de comprendre ce que fabriquent les autres. La coopération ne consiste plus simplement à laisser la personne la plus à l’aise distribuer les consignes. Chacun doit apporter sa contribution, avec une information forcément incomplète.

Une tournée plutôt qu’un simple rappel
L’autre bonne idée, c’est la progression. De nouveaux lieux apportent leurs chansons, leurs contraintes et du matériel supplémentaire. Les instruments donnent aussi des capacités particulières aux musiciens. De quoi installer une envie de découvrir la prochaine étape, plutôt que d’enchaîner uniquement le même défi.
Attention tout de même à ce que promet le thème. Melodies reste un jeu de coordination et de combinaisons : on ne reconnaît pas de morceaux et on ne compose pas une chanson qu’on pourra écouter ensuite. Sous les couleurs et les guitares, il y a des chiffres et de la réflexion. Ceux qui cherchent surtout un jeu d’ambiance musical doivent le savoir.

Reste une proposition qui donne envie : une identité graphique avec du caractère, un objectif commun et cette idée amusante de devoir trouver l’harmonie sans pouvoir tout se raconter. Monter un groupe était déjà compliqué ; voilà qu’il faut maintenant apprendre à se taire.
Melodies est disponible chez Philibert, pour des parties d’environ 30 minutes, de 2 à 5 joueurs, dès 10 ans.






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