Aaahhh Monkey Island, ça me fait remonter tellement de souvenirs de mes premiers émois vidéoludique sur PC, à l’époque où les jeux s’installaient en lignes de commande et se lançaient sous MS-DOS. Toute une époque où les hits PC tel que Command & conquer, Doom , Sim City ou Myst, pour n’en citer que quelques uns, n’étaient même pas encore sorti. Le studio Lucas Arts (du même « Lucas » à qui on devait les Star Wars, oui oui) venait de sortir un des jeux les plus marquants de la catégorie des point-and-click. 32 ans et 5 jeux plus tard, nous voici avec entre les mains le 6iéme (et dernier ?) opus de la série Monkey Island, intitulé sobrement « Return to Monkey Island« .

Pour ceux qui ne connaissent pas du tout la série, Monkey Island est un jeu d’aventure et d’énigme sous la forme d’un point-and-click se déroulant au XVIiéme siécle dans les caraïbes. Vous incarnez Guybrush Threepwood, pirate « débutant » de son état, cherchant à découvrir le fameux « Secret » de l’île aux singes. Rempli d’humour, et d’anachronismes, le jeu nous propose donc de parcourir les lieux et de cliquer un peu partout sur l’écran à la fois pour se déplacer dans les différents tableaux du jeu, mais aussi pour prendre des objets ou interagir avec des mécanismes et les pnjs. Au fil des opus, vous découvrirez des énigmes parfois loufoques et souvent capillotractées, mais aussi des échanges savoureux avec les personnages récurrents du jeu, Elaine Marley qui deviendra sa femme, mais aussi le terrible pirate-fantôme rival de Guybrush, LeChuck.

Comme pour clôturer une bonne fois pour toute l’histoire, Return to Monkey Island, nous propose donc une « dernière » fois de découvrir une bonne fois pour toute le secret de l’île. Nous rencontrerons à nouveau les personnages emblématiques de la série et l’humour reste toujours aussi ravageur. De nombreux clins d’œils a d’autres films et jeux vidéos sont à nouveau présent.

Modernité oblige, vous aurez la possibilité de démarrer le jeu en mode normal ou difficile. Comme indiqué dans le jeu, le mode normal est clairement simplifié pour ceux qui ont moins le temps de se prendre la tête sur les énigmes. En tout cas, on est bien plus guidés par la main qu’auparavant, avec un rond visible sur chaque objet ou personnage sur lesquels une interaction est possible. Cela n’empêche pas cependant de louper un élément avec beaucoup de choses à l’écran, et pour lequel un aller retour sera parfois nécessaire pour finalement résoudre une énigme. Cela m’est arrivé à quelques reprises, mais c’est clairement de mon fait. D’un côté je suis assez soulagé de ne pas devoir passer au crible chaque pixel d’un tableau du jeu pour trouver l’objet adéquat à apporter à un personnage, ou à combiner avec un autre pour former un nouvel objet.

Comme je le disais, en mode normal, le jeu est relativement simple, les énigmes demandant clairement un peu de recherche certes, mais un échange avec un personnage, ou une observation du décor permet souvent de s’en sortir sans trop galérer. Qui plus est, vous avez en plus une aide disponible en permanence, qui vous permet de vous guider lorsque vous êtres vraiment bloqué. L’intérêt de cet outil est surtout qu’il fourni une aide progressive, essayant de ne pas vous mâcher complétement le boulot, sauf si la logique de l’instant vous a perdu complétement. C’est clairement un plus, qui pourra faire hurler les puristes du point-and-click pur et dur, mais que j’ai personnellement apprécié sans me sentir outre-mesure en mode cheateur tout du long.

Le jeu est relativement court au final (un trophée vous demande d’ailleurs de le finir en moins de 2h), avec un premier run qui vous demandera probablement 5-6h pour en arriver au bout.

Graphiquement parlant, exit la 3d pas toujours géniale des précédents titres, et retour à de la 2d assez proche de Monkey Island 3. Le style a également changé, avec les personnages un peu « coupés au couteau », et des tableaux qui sont un peu moins chargés en détails qu’auparavant. Au vu de l’aide apporté en jeu, cela semble aussi plus logique de moins noyer le joueur dans de la recherche poussée sur chaque élément. Les personnages ont également un peu été vieilli, comme si ils avaient subi les affres de l’âge. Côté musique et doublages anglais (le jeu est en vost-fr), pas de soucis la dessus, on est toujours sûr de la qualité avec en plus les musiciens d’origines qui sont revenus pour le plaisir de nos oreilles.

Le retour de Ron Gilbert et Dave Grossman sur ce dernier Monkey Island n’est pas anodin. Tout est fait pour vous faire ressentir de la nostalgie, Guybrush qui raconte à son fils comment il a finalement trouvé le secret, revoir LeChuck toujours aussi entêté mais finalement proche de Guybrush dans ses méthodes, et tous les autres personnages que reconnaitront d’un simple coup d’œil les habitués de la série et qui font bien rappeler à notre héros leur historique commun. Un système de cartes à ramasser et collectionner tout le long du jeu, vous permet aussi de vous proposer des questions sur les précédents titres, petit rappel à votre mémoire.

Un petit aperçu du début du jeu en vidéo :

Une mention pour la fin du jeu, que je ne spoilerai évidement pas, mais qui se clôt aussi avec un mot des développeurs qui nous explique que les années et plein de choses se sont passées, et c’est ce qu’ils voulaient que l’on ressente en jouant à Return to Monkey Island.

Pari pour moi réussi, j’ai traversé ce Monkey Island avec un sourire satisfait, riant intérieurement des échanges savoureux entre les personnages, et même si le nouveau style graphique peut surprendre au premier abord, j’avoue que je suis finalement monté dans le bateau avec Guybrush pour avoir le fin mot de l’histoire. Même si ce n’est pas clairement explicité, je pense que ce titre clôt de manière subtil et logique l’aventure de Guybrush, en tout cas le dernier voyage pour ma part aura été un plaisir. Je recommande vivement ce jeu aux nostalgiques des grands point-and-click d’une certaine époque (et ceux qui ont appréciés les plus récents jeux de chez Pendulo Studios) et pourquoi pas aux curieux qui ne seront malgré tout pas rebutés par une difficulté savamment dosée. C’est un grand oui pour ce Return to Monkey Island.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.