Après sa sortie initiale en 2025 sur PC, Xbox et PS5, et déjà testé par un de nos rédacteurs dans sa version PC, Tormented Souls 2 vient de débarquer le 15 octobre 2026 sur Switch 2. Suite directe de Tormented Souls premier du nom, le jeu d’horreur qui s’inspire des références du genre comme Resident Evil & Silent Hill pour ne citer qu’elles, nous offre la possibilité de ramener le jeu dans tous nos déplacements, mais également sur grand écran en mode docké.
Pour ma part, je n’avais pas réellement gardé un souvenir mémorable de Tormented Souls, j’ai d’ailleurs du mal à me souvenir sur quelle plateforme je l’avais fait. Plus spécialement, j’ai dû revoir un walkthrough vidéo pour me rendre compte d’un passage assez marquant, avec l’héroïne du jeu, qui explique comment elle a perdu un de ses yeux. Et là, je me suis dit : « Ah oui, en effet, je l’avais déjà fait ! ». C’est donc un peu vierge des souvenirs du premier épisode que je démarre la suite, et même si je ne fais pas forcément le lien avec les événements du premier, le titre reste assez bavard en documents à lire/cutscenes pour se permettre d’arriver comme un cheveu dans la soupe, dans l’histoire.
Au premier abord, le titre semble évidemment copier assez profondément les mécanismes des premiers RE, et aussi quelques éléments des Silent Hill. Des bandes magnétiques pour sauvegarder la partie en nombre limité, des checkpoints inexistants, des énigmes nécessitant des allers-retours dans les niveaux, des armes et des munitions en quantité assez limitée en difficulté normale, et un monde parallèle rempli de créatures bizarres et dérangeantes. Ce mélange des deux séries emblématiques du survival horror n’est pas une mauvaise chose, et nous permet déjà de nous retrouver dans un territoire connu pour le gameplay. Chose d’ailleurs assez importante, Tormented Souls 2 propose deux types de gameplay, façon tank bien rigide comme les tout premiers titres de Capcom & Konami, mais aussi une prise en main plus fluide, calquée sur Resident Evil 4 entre autres exemples. Et c’est d’ailleurs une excellente chose, car les ennemis ont des patterns assez simples à éviter, mais sans la fluidité, cela deviendrait quand même bien vite un cauchemar.
Même au niveau des lieux, on se retrouve au début du jeu dans un couvent qui a de fortes ressemblances avec les habituels manoirs, lieux déjà vus et revus, même niveau esthétique, et pourtant cela va vite changer une fois sorti du bâtiment. Une carte un peu plus fournie va nous permettre de passer à travers quelques lieux apportant un peu de fraicheur, comme un centre commercial, une usine, une gare, un cimetière, voire une école. Alors certes, on a déjà vu aussi certains de ces lieux, mais malgré tout ce petit bout de ville à explorer reste suffisamment cohérent et labyrinthique pour apporter un peu de nouveauté dans le genre. Certains de ces lieux seront d’ailleurs verrouillés lors de votre arrivée, vous demandant d’en faire le tour et de trouver l’objet nécessaire pour débloquer le verrouillage. Fort heureusement, vous trouverez rapidement une carte dans chaque lieu, indiquant les portes non explorées en blanc, en vert celles déjà franchies, et en rouge celles actuellement bloquées/verrouillées, ainsi que d’autres indications pour des actions à effectuer ou terminées.
Jouant aussi sur le temps et une dimension parallèle assez glauque, penchant métallique et organique à la Silent Hill, le titre nous demandera d’explorer les lieux déjà connus en traversant des miroirs et des écrans de projections parfois dans le présent, mais aussi dans le passé. Une action parfois nécessaire à réaliser à une autre époque permettra d’avancer dans le monde actuel. Jouant sur les codes du catholicisme, mais aussi sur les entités à la Cthulhu, sans oublier un virus permettant de contrôler des individus, le titre démarre sur un terrain connu, mais nous emmène sur une histoire bien plus inattendue par la suite, avec de multiples fins à débloquer, bien sûr pas toujours heureuses.
Côté inventaire, il faudra bien sûr jouer avec les différentes armes pour abattre un bestiaire varié, partant de fanatiques catholiques à des zombies, des fantômes, et des personnages difformes et mutants (coucou Bioshock en passant pour les protecteurs like). Proposant un vieux pistolet à clous au départ, l’inventaire s’étoffera assez vite avec un sempiternel fusil à pompe, mais aussi une tronçonneuse, une sorte de Gatling, une arbalète à fiole de gaz, et d’autres armes parfois à débloquer en résolvant des énigmes.
En parlant d’énigmes, le jeu en est truffé, et si la plupart semble assez naturelle et simple à résoudre, en utilisant un objet que l’on récupère un peu plus loin pour revenir en arrière pour l’utiliser, le titre propose aussi quelques énigmes plus hardues, demandant parfois d’avoir une logique pas toujours évidente. J’avoue avoir perdu patience parfois et avoir utilisé une soluce sur 3-4 d’entre elles, pour me dire une fois la soluce en main : « Mais bien sûr ! », même si je n’aurais de toute façon pas eu la logique. Qui plus est, l’inventaire permet parfois de combiner les objets, et si certains sont encore une fois facilement et logiquement « combinables », il faudra parfois jouer avec les deux slots de l’inventaire qui séparent les consommables et les objets importants pour en débloquer certains. C’est à la fois assez novateur mais aussi perturbant, et l’on se demande presque pourquoi ne pas avoir gardé un inventaire unique finalement, car le risque d’y perdre les joueurs n’est pas anodin. Imaginez par exemple qu’un pied-de-biche serve à la fois comme une arme, comme un objet pour briser des caisses, mais aussi puisse être utilisé en interaction sur une porte, pour enlever des planches en bois, même s’il n’est pas dans l’onglet des objets utilisables… Un autre exemple : vous récupérez un baladeur à piles, avec des cassettes audio à ramasser, pour les écouter. Jusqu’ici rien de particulier, mais une énigme nécessite d’ouvrir le baladeur pour récupérer ses piles. Piles utilisables dans un lecteur de cartes sur une énigme, puis à nouveau les piles à reprendre pour utiliser dans une lampe torche, et finalement à nouveau à reprendre suite à une nouvelle cassette audio récupérée. La lampe torche et le baladeur étant dans deux catégories différentes de l’inventaire, évidemment.
Une chose aussi plutôt sympathique dans le gameplay est sa gestion de la luminosité. En effet, notre héroïne, Caroline, reste un personnage lambda, bien loin d’un flic du LAPD ou d’un agent des Stars. Et du coup, dans le noir, elle perd complètement ses moyens, jusqu’à ne plus le supporter et amener très vite un game over. Impossible donc d’explorer, d’ouvrir des contenants ou de combattre sans un minimum de luminosité, et il faudra prévoir d’allumer des chandeliers à l’aide d’un briquet avant de swapper pour une arme. Le jeu joue pas mal sur ce point, avec des ennemis débarquant parfois de nulle part pour vous forcer à vous enfuir vers une zone éclairée pour pouvoir vous défendre. Et finalement en milieu de partie, une torche à pile changera complètement la donne, vous permettant de l’équiper en permanence sur vous et d’avoir une arme en main en même temps.
Enfin, un autre objet servant pour une simple quête à première vue, un détecteur de métaux, sera finalement utilisable à plus grande échelle pour trouver des objets cachés, aidé par certaines statues indiquant l’endroit. Une idée vraiment intéressante parmi d’autres proposées par le titre.
Pour ce qui est des performances graphiques, la Switch 2 assure dans ces modes de jeux, en portable ou dockée. Le titre propose quand même des décors plutôt chiadés autant que crades et gore, et là-dessus la console de Nintendo s’en sort sans sourciller. Là où c’est un peu moins agréable, ce sont les cut-scenes, avec des visages et des animations assez peu naturels. On peut clairement dire qu’on est au niveau de la PS2 parfois. Mais il faut bien prendre en compte que le jeu est identique sur les autres consoles et PC, et que ce n’est pas la Switch la responsable. Reste que le titre s’en sort très bien sur le reste, et que l’Unreal Engine fait bien son boulot, imitant la 3D précalculée des vieux titres, mais avec du temps réel qui fait vraiment son office, d’autant plus avec les jeux de lumière du titre.
Tormented Souls 2 sur Switch 2, est un titre que je recommanderais personnellement pour les fans de survival horror à l’ancienne, certes, mais avec plein de petites idées en plus, et un gameplay relativement moderne pour apprécier de parcourir les lieux en compagnie de Caroline. Il faudra néanmoins passer la première partie du jeu posant des bases classiques pour un survival, en sortant du couvent, pour améliorer son attirail, et voir toute la richesse que le jeu propose. Les énigmes proposées sont parfois un peu difficiles, mais restent dans la moyenne des titres de la catégorie, et le gameplay moderne permet malgré tout de pouvoir se défendre sans trop souffrir, en esquivant et en anticipant les combats au maximum à distance et en fouillant à fond les décors pour récupérer un max de munitions. Proposant une bonne durée de vie, au minimum 13h-14h sur le premier run, le titre est une valeur sure, et permet de sortir un peu des scénarios habituels à la Racoon City/Silent Hill.

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